Vendredi 16 mars 2012 5 16 /03 /Mars /2012 09:09

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Jérôme Brézillon est mort. Et le regret de ne pas lui avoir écrit mon amour pour ses photos. 

Je l'ai rencontré avec Souverains. D'emblée, j'ai été embarquée par ses images et très particulièrement par ses paysages saisis dans une réalité nue sidérante. J'aime la dimension première de ses étendues. La sensation d'être à l'aube de tous les recommencements. Rien ne bouge et pourtant, un frisson ténu parcourt en continu ses géographies mouvantes.

Il n'est pas prédateur. On le sent en attente face au monde. Silencieux, contemplatif, en communion entre ciel et terre jusqu'à… une lumière, une échappée, une rumeur… 

Ses espaces ne sont pas captifs, il sait d'instinct poser ses lignes sans contraindre le paysage. Ses images ouvertes font la part belle au hors-champ. Comme je les aime ces perspectives qui se perdent en ciel, fondent sur l'horizon, filent, fuient… L'imagination a toute latitude de se les réinventer. Les trajectoires, on leur fait prendre autant de carapates que notre cœur nous en dit. Le chemin, on l'envisage par la traverse, on le gauchit, on le démultiplie… 

À chacun ses étendues, à chacun ses mythologies !

Libre, libre, tellement libre de notre voyage !!!

Rencontrer les territoires de Jérôme Brézillon, c'est ressentir que derrière la surface existe une infinité de mondes prêts à s'offrir à qui veut bien se laisser porter. Débute alors une dérive poétique à travers ses paysages qui méditent dans un espace simultanément terrestre et céleste. Le temps qu'ils racontent ne semble pas furtif mais long, lent, aérien. Ancré dans une instantanéité immuable.

À chacun de ses paysages, je reconsidère ma place dans ce monde. Ils me rappellent à l'immensité belle et tragique du destin de l'homme, à la cruauté sans nom d'être un jour privé de toute cette grâce-là.

J'aurais rêvé de partager un de ses paysages avec Jérôme. Ressentir la résonance d'une de ses terres impressionnée par son cœur et sa vibration… partager ensemble l'évasion et le silence face à ses latitudes infinies…

Un souffle cosmique hante ses paysages qui possèdent la beauté fulgurante d'une trajectoire de comète. Chaque instantané est une poussière d'étoile.

Je suis sûre que chaque pan de terre qu'il a foulé garde en lui la mémoire précieuse de son beau passage… à jamais

Avec Jérôme Brézillon, un ciel appelle toujours un autre ciel plus vaste, plus constellé, plus insensé, plus…

 

Pour découvrir ses photos :

http://www.jeromebrezillon.com/

Par MinA - Publié dans : PORTRAITS
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Mercredi 29 février 2012 3 29 /02 /Fév /2012 09:31

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Le 22 février, lorsque j'ai appris que Rémi Ochlik était tombé en Syrie avec Marie Colvin, 3 mots me sont venus : J'AI SAIGNÉ. Titre d'un petit livre de Cendras dans lequel il raconte les suites de son amputation et la vie à l'hôpital durant la Grande Guerre. Ces quelques pages décrivent les conséquences crues de la guerre sur la vie des hommes.

SAIGNER, c'est perdre son sang.

SAIGNER, c'est être le siège d'une souffrance vive.

SAIGNER, c'est affaiblir, épuiser en privant de ses ressources.

L'engagement, le travail et la fin de Rémi Ochlik recouvrent toutes ces réalités-là.

7 années de terrain comme autant d'immersions en révoltes, en douleurs, en guerres, en possibles aux pays des Hommes.

Tahrir 2.0

Libya hurra!

Battle for Tripoli

Libya

Libyan border

Casablanca

Battle for Egypt

The jasmin révolution

Haiti – Elections présidentielles

L'Aviti au temps du choléra

DRC North Kivu

Kissy hospital

Students crisis

The Aristid town
      

Lignes de front, assauts, charges. Vie urgente. Des armes, des embusqués, des vivats. Tentatives d'émancipation, espoir sous tension. Le combat des jours. La faim, la chute. Élans vers la liberté. Les blessés, les rescapés, les sauvés jusqu'où. Gaz lacrymogènes, soulèvement, sécession. Le brasier, les poings levés. Prières, lendemains perfusés. Urnes, bulletins… Flambée, caillasse, embrasement. No to get money and power at the same time. À terre, laissés là. Dernière traînée de sang, de poussière, de vie crachée. Zone de repli le temps de poser un souffle. La mer. Vivre la dictature, tomber sous le feu. La réalité un peu à côté de l'hôpital. Les engrillagés, les enchaînés. Misrata. Les rassemblements, la cause commune, le drapeau. Peur, courage, aveuglement, insurrection. Camps, réfugiés, choléra. Le quotidien comme il peut entre menaces de fin et décombres. Homs. Exode, marche forcée. Guerre, déroute, épidémies, fraude. Les tombes alignées sans fin. Are you afraid of the dark? Plus d'eau, d'électricité, de médicaments. Gouvernement provisoire, frontière. Désastre humanitaire, fers, fuite, barbelés. Résister.

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Les photos de Rémi Ochlik apostrophent, précipitent. Elles sourdent en permanence. Beaucoup d'entre elles sont des décharges qui sabrent l'œil et défont le cœur. Même un quart de seconde de regard furtif fait que l'on ne peut pas ne pas avoir VU. L'intensité et la frontalité de ses images ne laissent pas de place au flottement, à l'éventualité d'avoir mal vu, mal interprété.

Ici, le sang a la couleur du sang. Les hommes portent leur poids. La mort, les vies estropiées ne sont pas un lointain vague mais une réalité qui n'arrête pas de cogner. Ochlik n'est jamais dans le contournement, la distance, la suggestion. Il est sur le terrain et il MONTRE. Il nous entraîne dans les retranchements ultimes de la condition humaine… jusqu'à l'innommable.

Le temps de ces photos est un temps urgent, prompt à s'achever à chaque coin de rue qui lutte pour sa survie. Temps toujours compté plus court pour une peau à sauver, une peau à y laisser.

Étrange destin pour ces hommes tombés, assassinés vifs que le photographe saisit dans la violence de leur mort. Ces images sont autant de sépultures ouvertes qui parcourent le monde, sont regardées, partagées. Leur fin est à jamais inscrite dans un temps photographique qui témoigne dans l'instant pour devenir mémoire à jamais.

Parfois, au milieu du chaos surgit un temps d'accalmie autour d'une cigarette, d'une prière, d'une plongée dans les promesses de la mer…

Certaines images sont habitées d'une poésie inouïe. Des arbres d'une grâce insensée rythment la marche d'hommes en ombre. Un enfant porté par son élan s'envole au-dessus de la prairie. Devant les montagnes, sous une nuit rose violine se détache une petite lueur chaude orangée. C'est beau, essentiel mais là encore tragique car ces photos racontent l'exode, la perte, les camps de réfugiés…

On rêve de longs temps de repos, de lieux doux de paix où poser sa vie… 

L'image que je garde de Rémi Ochlik est la vérité crue et nue de ses images en surimpression de son regard engagé si doux et bienveillant.

Merci de cette mémoire de notre temps portée jusqu'à nous. 

Je te la souhaite infinie, belle et dégagée l'évasion, Rémi ! 

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"C’est ce petit berger des Landes qui m’a fait comprendre que si l’esprit humain a pu concevoir l’infini c’est que la douleur du corps humain est également infinie et que l’horreur elle-même est illimitée et sans fond." Blaise Cendrars

www.ochlik.com

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Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 19:26

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La chaleur, les bateaux en cale sèche, la façade écrasante. Toujours le même rituel, jeter un coup d'œil sur la ville périphérique, traverser l'eau, puis s'enfoncer dans le ventre de la bête. Les oiseaux, l'eau qui s'infiltre, l'eau qui ruisselle. Des chants espagnols fendent l'air, un grand drap noir est tendu. Derrière, un écran diffuse des images de la guerre d'Espagne.

Jusqu'au 10 juillet, à l'occasion du 80ème anniversaire de la proclamation de la seconde République espagnole, la base sous-marine rend hommage aux Républicains espagnols, à un peuple mis à sac par la guerre civile. C'est l'œil d'Agusti Centelles qui porte jusqu'à nous ce témoignage. Un témoignage doublement fort et signifiant puisque environ 3000 républicains espagnols réfugiés à Bordeaux furent réquisitionnés pour construire la base sous-marine entre 1941 et 1943.

Photographe catalan né en 1909, Centelles commence sa carrière en 1927 en publiant ses photos sous le nom de Badosa. En 1934, il achète un Leica et s'installe à son compte. Il collabore avec de nombreux journaux. En 1937, il est mobilisé par le Bureau de propagande républicain, sa couverture du conflit fera de lui l’un des grands iconographes de la Guerre d'Espagne. ll souhaite que chaque photo ait une existence propre, une identité forte, qu'elle ne soit pas "une" noyée dans un ensemble.

LE DÉBUT DES ANNÉES 30

L'exposition s'ouvre au début des années 30. Centelles saisit le peuple dans les scènes du quotidien : la messe, le cimetière, les bouquinistes, les manèges, la plage, les marchés, les fêtes… Les enfants sont très présents. Ces images laissent une impression de temps vécu, de temps vivant qui file au gré des jours sans trop se soucier… en paix

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MOBILISATION, RÉVOLUTION

 Juillet 1936, les images s'affolent. C'est le début de l'insurrection militaire dirigée par Franco. La guerre civile éclate. Barcelone se trouve au centre du conflit, Centelles est le premier reporter à entrer dans la ville assiégée. Il photographie les barricades, les défilés, les luttes, la liesse collective, les défaites. Le temps s'accélère, l'urgence, la peur, le mouvement, les arrestations, la mort cernent ses images. Il saisit souvent le groupe plus que l'individu séparément. Il montre les hommes collectivement, mais au sein de l'ensemble se détachent souvent une, deux ou trois figures qui assoient la force de l'intention et affirment le parti pris photographique de ce temps attrapé.

Le regard de Centelles est précieux et singulier car il dépasse le cadre du photo reporter. Il n'est pas juste témoin, il est aussi acteur puisqu'il est espagnol et engagé auprès des républicains comme résistant, combattant. La guerre qu'il photographie n'est pas juste celle des autres, elle est aussi la sienne. Chaque cliché donne à voir un homme qui photographie SES frères en train de s'anéantir dans SON pays ruiné par les combats fratricides. Il fixe l'histoire en train de s'écrire à travers son éthique, son engagement, son désir de provoquer la réaction et de laisser un témoignage de cet immense carnage. C'est un homme pris au cœur de sa propre tragédie et celle de sa patrie qui nous immerge dans la proximité de son expérience vécue.

Une des choses les plus bouleversantes dans l'héritage de Centelles est de sentir qu'avant de photographier l'histoire en mouvement, il photographie son propre échec, l'échec de toute une génération, sa propre défaite. 

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LA GUERRE

Des murs noirs, un cube rouge au centre. Des photos, des journaux, des planches contact, le front d'Aragon. Deux images en boucle, un bruit qui ressasse, des mots en espagnol, une musique de fond répétitive, inquiétante. L'exode, de dos, l'exode en face. Les brancards, les estropiés, le chemin, l'avancée. Une famille, un bébé qui hurle, une petite fille, un petit garçon. Un poing levé à travers la vitre d'un bus. Les décombres… partout, les décombres. Bombardement de Barcelone, plus de 3000 morts. Tout penche. Des alignements de gens en masques à gaz, des affiches de propagande, des enfants, la vie qui continue malgré tout, la queue devant le tabac. Des visages, le Front d'Aragon, les baïonnettes en avant. Ceux qui sont morts, les bombardements, la fuite, tout penche. Les hommes de près, les hommes en ombres, les hommes au loin, les barricades toujours, la ville à terre. Exode, barricade. Des miliciennes, des républicains, le front d'Aragon, les barbelés, la progression, les tentes, les campements, la montagne. Les hommes au plus près de leur quotidien, cuisines de campagne, Huesca. Un homme qu'on va enterrer, départ des volontaires pour le front d'Aragon. Des dizaines de milliers de volontaires de toutes les nations constituent les brigades internationales. Rationnements, meetings politiques. Barcelone départ des volontaires, l'espoir guidait leurs pas. Départ des miliciens pour le Front d'Aragon. Le POUM, Georges Orwell. Sortie de colonnes volontaires dans le front d'Aragon. Des parapluies, des visages victorieux. Dolorès Ibarruri, la Pasionaria. No Pasaran. Des religieux, les files d'attente devant les banques. La collectivisation. Fraternisation entre un militant anarchiste et un membre de la Guardia Civil.

On sent sous le regard de Centelles que son intention n'est pas juste de témoigner des faits mais aussi de transmettre la dignité de ces hommes, de ces femmes, l'immensité de leurs souffrances. Interroger leur destin, leur mort, leur survie… L'importance aussi de montrer le visage de l'humiliation et ce qu'elle implique de destruction définitive pour celui qui la subit.

" L'expérience de l'humiliation n'est pas grand-chose. Sauf pour celui qui est dedans, bien entendu : celui-là ne s'en débarrassera plus. Quand une fois une certaine confiance qu'on avait en soi et en l'homme a été ruinée, il n'y a pas de remède. " Hyvernaud

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LE BOMBARDEMENT DE LlEIDA

Les images de la guerre défilent en continu sur un écran.

Dans un recoin, une femme penchée sur le corps de son homme mort dit l'indicible. Il est l'une des victimes du bombardement de Lleida. 2 novembre 1937, les cibles étaient civiles. Au mur, une planche contact, composée d'alignements de cadavres, hommes, femmes, enfants sans distinction. Au milieu de cette géométrie horizontale implacable, un paysage d'ifs… les ifs du cimetière. Un écran déroule le nom de toutes les victimes de ce bombardement. C'est long, ça éternise. 

La guerre se poursuit à travers l'exode, les restrictions, les bombardements, la population déracinée.

" Tout se perd, tout s'abandonne, combien de foyers restent détruits aujourd'hui sans doute pour toujours. Quelle cruauté de guerre, quel tableau sur la route, j'en ai un nœud à la gorge. Mon esprit de journaliste a disparu et  je n'ai pas le cœur à descendre du camion ni même à me pencher dans l'ombre pour prendre des photos. " Centelles

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BRAM

En février 1939, la défaite du camp républicain contraint Centelles à l'exil, il passe la frontière à pied avec ses appareils et une valise remplie de négatifs. Du 8 février au 28 février, il est interné au Camp de la plage d'Argelès puis transféré le 1er mars au Camp de Bram qui a accueillera jusqu'à 17.000 réfugiés. Durant son internement, il tient son journal et  prend des photos qui ne sont pas celles du journaliste mais celles de l'homme captif qui utilise ces images pour illustrer ses mots mais aussi pour recréer le lien rompu de la communauté espagnole déracinée. En les regardant, je retrouve les mêmes sensations qu'à la lecture des mots d'Hyvernaud dans "La peau et les os" qui raconte son internement au stalag.

Le témoignage de Centelles est déchirant car il livre son regard d'homme brut. Ici, il n'est pas pris dans l'urgence du photojournaliste, plongé dans l'action, dans le mouvement des événements. A Bram, les heures ne passent pas, les hommes sont contraints au temps désespérément long du face à soi, de la misère de son voisin. Les hommes sont saisis dans toutes les dimensions de leur quotidien dans cet univers de baraquements cernés par les gendarmes, l'attente, le désespoir, l'ennui, les croix alignées.

"Et voici que commence un jour. Mardi ou mercredi. Ou jeudi. Qu'est-ce que ça peut encore signifier : un jour qui commence ? Un jour comme tous les jours, dans cette suite de jours, dans cette fuite de jours, de jours indiscernables, jour après jour, jour après jour…

Le temps ici est une matière vaine, une continuité abstraite, où il n'est pas possible d'inscrire une figure, de sculpter un acte. On est pris dans je ne sais quelle substance glissante, fondante, fleuve de brume ou de boue où passent des morts sans visage." Hyvernaud

Les jeux, la fanfare, la musique, la vaisselle, les corps et l'exercice. Des scènes singulières de baignades, d'hommes au soleil sur les toits des baraques, de sommeil. Parfois, un fragment d'intimité très profonde et très cernée surgit.. Ces images disent aussi beaucoup l'horreur et l'humiliation de la promiscuité.

" On publiera de belles choses sur l'énergie spirituelle des captifs. Et on ne dira rien des cabinets. C'est pourtant ça l'important. Cette fosse à merde et ce méli-mélo de larves. Toute l'abjection de la captivité est là, et l'Histoire, et le destin. En voilà un bouquin que j'aurais aimé écrire. Bien simplement, bien honnêtement. Un bouquin désolant, qui aurait l'odeur des cabinets et il faudrait que chacun la sentît et y reconnût l'odeur insoutenable de sa vie, l'odeur de son époque.  Et que toute l'époque lui apparût comme une mélasse d'êtres sans pensée, sans squelette, grouillant dans les cabinets, comme nous, s'emplissant et se vidant avec gravité, sans fin et sans but. Et que le sens, le non-sens de l'époque fût là-dedans, visible, lisible, incontestable." Hyvernaud 

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CARCASSONNE ET LE RETOUR

En septembre, Centelles obtient un permis de travail et quitte le camp pour travailler à Carcassonne chez un photographe ,chez lequel il installe à son insu, un atelier clandestin de faux papiers. Il y reste jusqu'en 1944, la menace de plus en plus pressante de la Gestapo l'oblige à retourner à Barcelone. Il confie ses clichés à une famille française. Il ne les récupérera qu'en 1976.

LOS OJOS

Avant la fin, une salle est consacrée à "Los Ojos", l'histoire d'un amour à travers une photo prise par Centelles dont seul le regard a été conservé. Carmen Martín Torres, engagée dans le maquis de Carcassonne, nous raconte cette histoire singulière de destins croisés qui se prolonge au-delà de la mort des protagonistes.

GERNIKA

Le chemin s'achève par Gernika, premier essai de guerre totale sur une population civile. Le bruit des bombardements, les mots de Paul Eluard dits par Maria Casarès et Jacques Pruvost. La ville est détruite à 70%. 889 blessés, 1654 morts. 

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" La folie, ça doit ressembler à ça. Ça doit être quand on ne peut plus s'évader d'un cercle de mots et de gestes, qu'on s'est laissé boucler là-dedans. Une activité vaine, gratuite, refermée sur elle-même, prisonnière d'elle–même. On recommence ses mots, ses gestes, et ça ne sert à rien, ça ne remue rien. " Hyvernaud

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Du 17 mai au 10 juillet 2011

Base sous-marine - boulevard Alfred Daney - 33000 Bordeaux
Ouvert de 13H30 à 19H, sauf lundi et jours fériés. Entrée libre

Par MinA - Publié dans : EXPOSITIONS
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Mercredi 25 mai 2011 3 25 /05 /Mai /2011 18:29

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Du 31 mai au 11 juin 2011, Bruno Lasnier expose à la Galerie Arrêt sur l'Image une série de portraits de toreros qu'il a saisis avant leur entrée dans l'arène. Il a commencé à approcher le milieu tauromachique au début des années 90, depuis il ne cesse d'interroger ses diverses dimensions. C'est un privilège rare d'être autorisé à partager ces instants-là. Pour "La veillée d'armes" il s'est immergé durant 3 saisons afin d'offrir une vision étendue de toreros d'âges, d'origines, de parcours différents.

Ces photographies suivent les visages et les corps en train de se mettre en lumière dans une suite de rituels, de chronologie très codés. Chaque geste qui s'écrit sous nos yeux autorise le suivant à exister dans un temps brut, enraciné. Des soupçons de superstition, de religion, de mythe rôdent partout.

Bruno Lasnier capte l'intimité de ces hommes dans un temps clos. Le temps clos de la pièce dans laquelle ils se préparent, lieu clos de la concentration, de l'attente, des pensées dont on ne sait si elles filent, s'affolent ou sont au repos. Ces lieux donnent un sentiment de refuge, de protection avant l'assaut. Parfois, une fenêtre, une ouverture suggèrent l'extérieur et ce qui attend le torero au-dehors.

Ces photographies possèdent une belle qualité de silence et d'intériorité. On a la sensation d'être invité au cœur des pensées de ces toreros et on pressent que le combat a déjà débuté.
 
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Un livre vient de paraître "La veillée d'armes, confidences de toreros" aux Éditions Cultures Sud. Ce recueil réunit les photos de Bruno Lasnier et la parole des toreros recueillie par Antonio Arévalo.
Éditions Cultures Sud . 26, rue Jean Jacques Rabaud . 33000 Bordeaux – 05.56.44.23.36.
culture.suds@aliceadsl.fr
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Galerie Arrêt sur l'Image
Quai Armand Lalande – Hangar G2 – Bassin à Flot n°1 - 33000 Bordeaux
Tél. 05.56.69.16.48.
Ouvert du mardi au samedi de 14H30 à 18H30. Entrée libre

http://www.brunolasnier.net/

Par MinA - Publié dans : ANNONCES D'EXPOSITIONS
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Samedi 16 avril 2011 6 16 /04 /Avr /2011 19:40

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À la suite, un texte sur chaque exposition…

Par MinA - Publié dans : ITINÉRAIRES DES PHOTOGRAPHES VOYAGEURS 2011
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Vendredi 15 avril 2011 5 15 /04 /Avr /2011 15:17

 

0beauregard christophe


Dans le cadre d'
Itinéraires des Photographes Voyageurs, 9 photographes sont exposés à la Bibliothèque Municipale de Bordeaux. Chacun nous livre sa vision du voyage. Courez-y encore 8 jours pour découvrir en un seul lieu, 9 regards singuliers qui vous feront voyager loin, mentalement, différemment, rêveusement…


FRÉDÉRIC DELANGLE, Troisième Territoire
Une série de diptyques de deux paysages urbains saisis dans des pays différents (souvent orient/occident) mais qui se rejoignent. Deux réalités en apparence opposées qui se retrouvent dans une parenté de lignes, d'atmosphères évidentes.

www.fredericdelangle.com/
 
PATRICK MESSINA, A Journey
4 photos de mer sont exposées. Une photo où la mer semble fondre sur la ville, les limites terre / mer deviennent floues et créent l'inquiétude. 3 marines épurées, minimalistes. Le ciel, la mer et dans cette zone des bateaux infimes, des plongeurs égarés, des rapports d'échelle assez vertigineux.

http://www.patrickmessina.com

LAURE VASCONI, Les Villes du Cinéma
Laure Vasconi a photographié certaines villes mythiques du cinéma : Berlin, Le Caire, Rome, Hollywood. Elle explore toutes les dimensions du cinéma, les studios, les salles, le décorum, les légendes. Ici sont présentées 4 photos qui font se croiser des temporalités très différentes à l'image de cette limousine très hollywoodienne qui croise le portrait en noir et blanc d'Oum Kalsoum qui porte en lui toute la magie du cinéma et d'un temps passé très incarné.

www.laurevasconi.com

STÉPHANE ZAUBITER, Grands Écrans
Des photos de la série que Stéphane Zaubitzer a consacré aux cinémas du monde. Des images de nuit saisies dans des cinémas populaires, en plein air, dans la cabine du projectionniste, dans des salles vides. Un cinéma que l'on sent encore en prise avec toute la grandeur mythologique et onirique du cinéma. Une séance de cinéma comme un événement magique à chaque fois renouvelé.

www.stephanzaubitzer.com

AMBROISE TÉZENAS, Le Théâtre du Peuple
Une série de photos de nuit dans ce qui reste du coeur historique de Pékin. On a la sensation d'un village dans la ville avec de petites rues, des lumières douces. On est loin de l'abondance et du fracas de la ville nouvelle. On a l'impression d'évoluer dans un temps anachronique, un temps que l'on sait aussi compté pour ces hutongs.

www.ambroisetezenas.com

JÉRÔME BRÉZILLON, Souverains, indiens des plaines
Des paysages et des portraits captés dans la réserve de Pine Ridge dans le Sud Dakota. Des étendues nues infinies, moitié ciel, moitié terre croisent les Sioux Lakotas qui peuplent ces lieux. Jérôme Brézillon les saisit vifs, sans marqueur quelconque, seuls sur leur terre. Il émane de cette épure hommes/terre une incroyable force cosmique et humaine.

www.jeromebrezillon.com

CHRISTOPHE BEAUREGARD, Las vegas
Une série de photos de nuit, saisies durant les fêtes de fin d'année. On y voit les illuminations qui ornent les façades des zones pavillonnaires. Étrange impression que ces mises en lumière de ces territoires neutres qui soudain se mettent à ressembler à un décor, à convoquer un peu de féerie dans le temps quotidien. Les atmosphères sont équivoques, inquiétantes. Aucun humain ne traverse ces images, ce sont les voitures ou les caravanes qui habitent chaque lieu.

www.christophe-beauregard.com

AGLAÉ BORY, Marmara / Les mers intérieures
Des portraits pris au bord de la mer de Marmara. Le cadre est très pur, une table, des personnages et des soupçons de bateaux au loin, dans le vague. L'air semble calme et silencieux, il appelle à se poser et à méditer.

www.aglaebory.com

JACOB HOLDT, United States 1970 – 1975
Des photos tirées du voyage que Jacob Holdt effectua durant 5 ans à travers 48 états des États-Unis. Il saisit toutes les réalités, les milieux sociaux qu'il traverse. Des images puissantes, brutes, véritable état des lieux de l'Amérique de Nixon.

http://www.american-pictures.com


BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE DE BORDEAUX - 85 cours du Maréchal Juin - 33000 Bordeaux - 05 56 10 30 00

Du lundi au jeudi 13H > 19H, Mardi, mercredi, vendredi 10H > 19H, Samedi 10H > 18

Par MinA - Publié dans : ITINÉRAIRES DES PHOTOGRAPHES VOYAGEURS 2011
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Vendredi 15 avril 2011 5 15 /04 /Avr /2011 14:15

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 C'est presque partout la lumière du Sud, les respirations de l'été, l'air et la belle saison.

 Les corps s'invitent presque tous plein cadre, frontaux mais en présence douce. Ils racontent l'histoire familiale de Philippe Leroux qui pose chacun d'eux en regard d'un paysage, d'objets.

 En 13 diptyques filent les âges et la vie.

 Le voyage débute par les corps de l'enfance en été, il se clôt par un lit de mort et un brin d'olivier, en été probablement aussi.

 Entre…
 … des scènes de la vie estivale habitées, lumineuses…            
 … des instants du quotidien empreints de lenteur lasse…       
 … des traces de la terre familiale (façonnée par les vignes, les champs, les oliviers) port d'attache viscéral de cette tribu…

 À travers ces paysages, Philippe Leroux incarne de manière poétique le sens premier du mot diptyque… "2 éléments joints par une charnière pouvant se rabattre l'un sur l'autre sans endommager la face intérieure de chacun." Ces images en vis-à-vis donnent cette même sensation d'une communion délicate de 2 temps saisis sous des climats différents que le photographe, placé au centre, choisit de faire se rejoindre.

 Chaque temps semble confier à l'autre son vécu. J'imagine les souvenirs de l'un se refermer sur ceux de l'autre en secret. Je vois aussi en chacun le gardien de l'histoire de l'autre. Si un jour les souvenirs de l'un s'oublie à sa mémoire, l'autre sera là pour lui rappeler son temps passé.

 Ces diptyques questionnent aussi ce basculement singulier lorsqu'une personne cesse d'exister dans la mémoire d'autres êtres, que le dernier témoin disparaît. Commence alors un temps sans chair, sans pensées, sans sens. Un temps qui se mure en disparition définitive… sauf si quelque part ont été déposés en traces photographiques des fragments du passage.

 Philippe Leroux nous fait vivre tous ces temps : du temps vécu de l'instant jusqu'au temps amputé de la survivance.

 Son travail me fait penser à l'entomologiste de La femme des sables qui, pour trouver des insectes doit se placer dans les conditions d'un temps long, patient, un temps de l'infime avant de trouver éventuellement trace… Et puis, le sable s'emmêle, inexorablement, il enfouit tout, on ne peut y échapper mais tous les jours sans répit, l'entomologiste sort de son trou et recommence…

 Les espaces de Philippe Leroux possèdent cette force de patience, d'endurance et de répétition. Son univers est d'une beauté ténue. La délicatesse et la profondeur de son regard restituent le tremblé de la vie.

 Même dans la douleur, ses mondes demeurent doux. Chaque image est un souffle, rien n'est asséné. Tout est suggéré, effleuré mais ancré dans une profondeur sensible de pensées, d'émotions et d'intuitions.

 

 Quel beau passeur de Temps, de Coeur, de Mémoire !

 www.philippeleroux.org


VOYAGEURS DU MONDE - 28 rue Mably . 33000 Bordeaux - 05 57 14 01 40
Du lundi au samedi 10H > 19H

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